Rencontre avec le ministre de la ville autour du projet Médiation à l’École

En visite vendredi 6 septembre au collège Gustave Courbet de Romainville, Julien Denormandie a longuement échangé avec des médiateurs sociaux et des élèves.

13 septembre 2019 - Crédits Photos Ville de Romainville

 

Le projet de médiation sociale en milieu scolaire piloté par France Médiation faisait l'objet d'une étape dans le déplacement en Seine-Saint-Denis du ministre en charge de la ville et du logement. Organisée dans le CDI de l'établissement dans un esprit de proximité, la rencontre a donné lieu à des échanges directs et nourris, animés par les nombreuses questions de Julien Denormandie.

Les médiateurs sociaux sont revenus sur leurs missions de lutte contre la violence, le harcèlement, et les risques de décrochage scolaire ainsi que de sensibilisation à la culture du dialogue et à la citoyenneté. Ils ont insisté sur le fait que ce travail auprès des élèves passait par un lien avec les familles et une coopération avec les autres professionnels de la communauté éducative et les partenaires du territoire.

Des élèves en élémentaire et des collégiens ont ensuite apporté des témoignages forts sur leurs expériences respectives : les uns comme « médiés », c'est-à-dire comme ayant pris part à une médiation ; les autres comme jeunes médiateurs, formés par leurs homologues adultes à la médiation dite « par les pairs ».

« Soyez hyper-fiers de ce que vous faites ! »

Visiblement ravi de ces échanges, le ministre s'est dit « convaincu » du bien fondé de la médiation. Au titre de sa fonction, mais aussi en tant que père de famille, Julien Denormandie a notamment salué la participation des élèves à la médiation par les pairs : « Dans la vie on avance beaucoup avec la médiation, qui permet de mieux de se comprendre, de faire tomber des barrières. (...) Cela montre une grande maturité de votre part, que vous avez conscience de beaucoup de choses ». Selon Julien Denormandie, l'expérience que les enfants retirent de la médiation sur le plan humain serait de nature à enrichir le rôle de parent voire à inspirer l'ensemble de la société. « Soyez hyper-fiers de ce que vous faites ! », leur a-t-il lancé.

Prenant date pour donner suite à cette première rencontre, le ministre a estimé que les apports de la médiation, notamment lorsqu'ils étaient valorisés par la parole des élèves eux-mêmes, gagnaient à être davantage connus afin que d'autres enfants la pratiquent et en profitent.

Un dispositif amené à essaimer

L'ensemble des parties prenantes du projet sur le territoire pilote de l'intercommunalité Est Ensemble étaient présents : les services de l’État et de l’Éducation nationale, le CGET*, Pôle Emploi, les élus d'Est Ensemble et notamment Corinne Valls, maire de la ville hôte de Romainville, les responsables d'établissements scolaires, les vice-président et directeur de France Médiation ainsi que les associations employeurs (Citéo, Optima et PPV93).

Fadela Benrabia, préfète déléguée pour l'égalité des chances de la Seine-Saint-Denis, a indiqué que l’État souhaitait densifier le dispositif dans toutes les intercommunalités du département. Cet objectif traduit le large soutien dont le projet Médiateur à l’École fait l'objet de la part des pouvoirs publics, au niveau local mais aussi à l'échelle nationale. Le ministre a en effet rappelé que la médiation sociale en milieu scolaire figurait parmi les axes prioritaires d'attribution des contrats adultes-relais. Le projet s'inscrit aussi dans le dispositif des cités éducatives porté conjointement par les ministères de l’Éducation nationale et de la ville. Enfin, Médiateur à l’École devrait être renforcé dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt « Associations » (AMI), dont France Médiation est lauréate. Les orientations de ce fonds, destiné à plusieurs associations nationales « structurantes » et intervenant dans les quartiers relevant de la politique de la ville, seront rendus publiques prochainement.

Ce même vendredi 6 septembre à Angoulême, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, rencontrait l'association Omega (adhérente de France Médiation) dans le cadre d'un échange sur la police de sécurité du quotidien (PSQ). Le CIPDR** est en effet partenaire du projet Médiateur à l’École. Le ministre a souligné que la médiation sociale était à même de produire des « effets concrets sur la sécurité du quartier » : une autre approche du dispositif, sous l'angle de la tranquillité publique, qui démontre combien la médiation sociale pourrait, dans un avenir proche, occuper une place centrale dans la façon de penser la ville.

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*Commissariat général à l'égalité des territoires
**Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation