Le dispositif « Médiateur à l’École » bientôt étendu

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9 mai 2019

 

Trente nouveaux sites scolaires accueilleront un médiateur social dans le cadre d'un fonds gouvernemental dédié aux associations des quartiers prioritaires.

Vendredi 26 avril, France Médiation, association nationale d'acteurs de la médiation sociale, a été reçue par le ministre en charge de la Ville et du logement, Julien Denormandie, dans le cadre de la journée « Tremplin Asso » dédiée aux lauréats de l'appel à manifestation d'intérêt « Associations » (AMI). Lancé en février dernier et doté de 45 millions d’euros sur trois ans, ce fonds s'adresse aux associations nationales « structurantes » intervenant dans les quartiers relevant de la politique de la Ville. L'objectif est de soutenir ces organisations dans le changement d'échelle et le renforcement de l'ancrage local de projets de « cohésion sociale et territoriale ».

En lien avec le ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le ministère de l’Éducation nationale, et le CIPDR*, France Médiation coordonne depuis 2012 un dispositif national de médiation sociale en milieu scolaire. Au niveau local, des associations de médiation sociale** encadrent et animent l'action d'une soixantaine de médiateurs sociaux. Ces derniers sont présents dans 180 écoles et collèges situés dans des quartiers prioritaires (REP et REP+). 40 000 élèves sont actuellement concernés par le dispositif. Grâce aux crédits obtenus dans le cadre de l'AMI, France Médiation va pouvoir déployer des médiateurs dans une trentaine de nouveaux sites scolaires, en France métropolitaine et d'outre-mer.

Avec le projet « Médiateur à l’École », France Médiation a conçu une réponse permettant d'aborder globalement la lutte contre la violence et le harcèlement, les risques de rupture scolaire et l'éducation à la citoyenneté. Il s'agit de contribuer à faire de l'école un lieu de vie agréable pour tous, élèves, professionnels et parents. Les médiateurs assurent une présence active visant à prévenir des situations problématiques ainsi qu'à impulser des projets s'inscrivant dans l'animation de la vie de l'établissement. Le passage de l'élémentaire au secondaire constitue, en outre, un axe important de leur action.

L'intervention des médiateurs repose sur l'écoute, le dialogue, le non-jugement et l'absence de pouvoir de sanction. Tout en étant placés sous l'autorité fonctionnelle du chef d'établissement, ils sont employés par des associations** afin d'assurer cette position de tiers indépendants et impartiaux entre les parties (enfants, familles, professionnels). Intervenant dans et hors les murs, les médiateurs travaillent en coopération avec la communauté éducative et les partenaires du territoire.

Une étude du Laboratoire d'évaluation des politiques publiques de SciencesPo (LIEPP) a détaillé l'impact positif de la médiation sociale. Cette dernière contribue à libérer la parole, à dissiper des tensions préexistantes et à réduire les risques de harcèlement. En parallèle de la question des violences, l'intervention d'un médiateur conduit à la réduction des risques d’absentéisme et de décrochage scolaire. Elle permet d'entretenir, voire de réactiver, le lien entre l'école et les familles.

La formation des élèves à la médiation « par les pairs » (entre élèves eux-mêmes) et des projets participatifs, sur la citoyenneté notamment, contribuent à l’amélioration du climat dans l'établissement sur la durée : moins enclins à intérioriser la violence, les élèves ont tendance à se montrer plus soucieux les uns des autres et à s'impliquer dans des initiatives collectives.

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*Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation
**Sur les territoires, le projet est porté par des associations membres de France Médiation : ALTM (Auvergne-Rhône-Alpes) ; AMI (Somme) ; Citéo (Nord et Pas de Calais) ; CRPV Guyane ; OPTIMA (Ille-et-Vilaine ; Loire-Atlantique ; Ile-de-France) ; P@JE (Alpes-Maritimes) ; PPV (Seine-Saint-Denis)