Actualités

Guyane : des médiateurs à l'Ecole à la rentrée 2017

Jeudi 22 Juin 2017

A partir du septembre 2017, 6 nouveaux médiateurs à l’École prendront leur poste en Guyane, dans le cadre du déploiement du dispositif national coordonné par France Médiation.
Le projet est porté, de manière expérimentale, par le centre de ressources politique de la ville.
 
Interview de Denis Souillard, directeur du CRPV
 
Comment avez-vous décidé de déployer le projet « Médiateur à l’École » en Guyane ?
 
L’idée est née lors du séminaire organisé en Guyane sur la médiation sociale, en présence de France Médiation. Nous étions alors en fin d’évaluation d’une expérimentation locale de médiation sociale en milieu scolaire et nous avons évoqué, avec la Préfecture, l’idée de déployer le dispositif national ici : c’est à partir de ce moment que nous avons engagé un travail de mobilisation et de mise en réseau.
 
Nous avons mis en place une collaboration étroite avec le réseau France Médiation, qui nous a poursuivi son accompagnement pour que nous puissions nous inscrire dans le dispositif national.
 
A quels enjeux locaux le projet répond-il ?
 
L’un des premiers enjeux est d’inscrire encore plus durablement la médiation sociale en Guyane, mais aussi d’avoir un éclairage ultramarin sur un dispositif national, jusqu’ici exclusivement métropolitain*.
 
La médiation scolaire est un sujet important pour nous et le fait de l’implanter ici permettra sans doute d’établir des modélisations intéressantes pour les autres DOM.
 
La première spécificité propre à la Guyane, c’est que c’est le centre de ressources politique de la ville qui porte l’expérimentation, ce qui est une première (sur les autres sites, les postes de médiateurs sont portés par des associations de médiation sociale). Nous avons fait ce choix, car il y a une carence d’acteurs de la médiation en Guyane. Nous avons vocation à expérimenter, mais pas à porter le projet dans la durée. Au cours des trois prochaines années, l’enjeu sera de faire en sorte que le projet puisse glisser vers un opérateur identifié, qui puisse porter les postes de façon pérenne.
 
L’autre spécificité de la Guyane réside dans la diversité des sites et des populations. L’intérêt de déployer le projet ici, c’est que nous allons penser les choses de manière très différente.
Nous avons 6 sites qui couvrent toutes les villes concernées par la politique de la ville. Ce sont des villes qui ont des typologies de quartier très différentes, il faut donc faire du « sur-mesure » et penser les choses de manière différente sur chaque site : Saint-Laurent, l’Ouest Guyanais, Kourou, Cayenne, ville-capitale avec une approche très concentrée de l’habitat, Matoury, une ville immense avec des problématiques de transports et mobilité ; et puis les autres territoires ou les questions de médiation étaient un peu en retrait et ou le projet va permettre de transformer l’essai et de convaincre de l’intérêt de cette forme d’intervention sociale.
 
Le projet a suscité un fort intérêt chez les chefs d’établissements et les directeurs d’école qui sont  parfois très démunis face à l’absentéisme chronique, le décrochage scolaire et la non-scolarisation. Ils attendent les médiateurs comme une ressource supplémentaire, très utile pour la vie scolaire de leur établissement.
 
Quand les médiateurs à l’École vont-ils entrer en poste ?
 
Nous sommes en fin de jury de recrutement, le cycle de formation démarrera fin août et les médiateurs prendront leur poste à la rentrée scolaire.
 
C’est un projet que nous préparons depuis un an et qui mobilise beaucoup de temps et d’énergie.
 
Le sujet s’inscrit complètement dans la méthode de la politique de ville, qui consiste à mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, collectivités, intercommunalités, recteur...
Ce n’est pas si évident, d’autant qu’il est difficile de mobiliser les moyens du droit commun dans un territoire où les priorités d’intervention sociale sont si nombreuses et où les moyens manquent.
 
Le projet a eu cet impact indirect de « contraindre » le partenariat, dans le bon sens du terme et de créer une méthodologie de travail, de gouvernance, de pilotage, d’animation, de cofinancement. Nous avons pensé ensemble le déploiement du projet, son évaluation sur les 3 années, les recrutements (l’ensemble des partenaires participe au jury), l’organisation des réunions d’information collective... Ce projet a eu un « effet ensemblier » très fort dans le champ de la médiation sociale.
 
 
* Dans le cadre de l’expérimentation nationale (2012-2014), des médiateurs à l’école ont été déployé en Martinique. Mais leurs postes n’ont pas pu être pérennisés.