Atelier sur la qualification des médiateurs
La question de la qualification reste et demeure un enjeu majeur des structures de médiation sociale. En effet, la qualité des prestations rendues aux bénéficiaires finaux dépend en grande partie de la capacité des médiateurs à apporter, dans tous les champs d’activité de la médiation sociale, une réponse pertinente.
Au début les employeurs ont été tentés de mettre en place des médiateurs sociaux sur le modèle des « grands frères ». Partant du principe que les interventions seraient d’autant mieux acceptées si les médiateurs étaient proches du public, car partageant leurs références.
En 2003-2004, l’étude du CREPAH a essayé, a travers des rencontres et débats avec des employeurs et des salariés médiateurs, d’élaborer les premiers référentiels d’activités, cœur de fonction de la médiation sociale, complété par la description d’emplois repères et aboutissant à des référentiels de compétences. 5 emplois-repères ont donc été définis de la manière suivante :
• AGENT DE PREVENTION ET DE MEDIATION PRESENT DANS LES ESPACES PUBLICS ET/OU OUVERTS AU PUBLIC
• MEDIATEUR SOCIAL ET CULTUREL
• AGENT D’AMBIANCE DANS LES TRANSPORTS
• CORRESPONDANT DE NUIT
• COORDONNATEUR D’EQUIPES DE MEDIATION
Si le référentiel du CREPAH a eu le mérite, en son temps, de clarifier le champ de la médiation sociale, en y mettant de l’ordre pour gagner en visibilité, il a eu également l’inconvénient de cloisonner de manière excessive les dispositifs de médiation sociale. Néanmoins, il est indéniable que ces emplois-repères ont servi de base à la professionnalisation des structures de médiation et, de fait, à la professionnalisation des médiateurs. Mais aujourd’hui, bien des structures de médiation ont du faire évoluer les profils de poste de leur médiateur, répondant très souvent à une commande publique ou à un prestataire, désormais beaucoup plus exigeant sur la qualité du service rendu. D’où un besoin très fort des opérateurs de voir évoluer l’ensemble de leurs processus de management (techniques de recrutement, formations, organisation des activités…)
La question de la formation des médiateurs se pose donc intuitivement à travers cette diversité des pratiques. Aujourd’hui, il existe de nombreuses formations à la médiation qui couvrent les différents champs des activités de la médiation sociale.
Mais à contrario, très peu de personnes sont formées à la médiation lorsqu’elles postulent dans les structures de médiation sociale. La création de « boites à outils » permettant une adaptation aux situations de terrain semble nécessaire aujourd’hui. En effet, les réponses apportées par les médiateurs, mobilisent des savoirs théoriques (connaissances), pratiques (expériences), procéduraux (procédures), des savoir faire et des qualités individuelles. Une formation initiale doit donc être mise en place à l'embauche, ainsi qu’un tutorat et un processus de formation continue.
Dans la phase actuelle de stabilisation de la fonction de médiateur social et de structuration de son champ d’intervention, il importe aussi de stabiliser également le statut des opérateurs et de favoriser la mise en cohérence de bonnes pratiques de professionnalisation. C’est pourquoi, France Médiation souhaite mettre en œuvre cet atelier.
Cette stabilisation est nécessaire autant pour les médiateurs sociaux que pour leurs employeurs, qui doivent très souvent faire face à des rotations de personnel, et qui souhaitent à la fois, augmenter l’attractivité de la fonction, mais aussi assumer leurs responsabilités liées à la gestion des potentiels de compétences de leur personnel. De plus, très souvent, les employeurs doivent faire face à une usure professionnelle des médiateurs qui souhaitent évoluer dans leur métier.
Dans un premier temps, l’objectif de cet atelier est de réaliser, à travers des échanges de pratiques professionnelles, un premier diagnostic sur l’existant :
• profils de poste,
• type de recrutement, type de contrat (insertion ou emploi durable) et processus d’intégration,
• type d’activités : référentiel des activités de médiation sociale et culturelle.
Dans un deuxième temps, l’atelier travaillera les démarches de professionnalisation :
• Parcours professionnel
• Qualification et diplômes
• Validation d’acquis d’expérience
Le travail de cet atelier rejoint à la fois les préconisations du rapport de la DGAS sur la professionnalisation des médiateurs mais aussi les préconisations du rapport sur l’évaluation de l’utilité sociale de la médiation sociale sur la professionnalisation, en particulier sur le volet « métier » :